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Dans les années 1980, pour répondre à une demande de ses amis Dietrich, le mécène eut à travailler aux Archives Nationales qui étaient alors basées dans l’hôtel de Soubise, devenu musée par la suite. Depuis rendus plus accessibles par l’introduction de l’informatique, les classements de cette noble institution étaient alors d’une redoutable complexité, et ce n’est pas sans appréhension qu’il les a affrontés. Une fois domptée cette complexité, il a pu se servir des ressources des Archives dans le cadre de sa collaboration au Dictionnaire de biographie française. Il a eu par la suite plusieurs velléités de cadeaux aux AN, mais ce n’est qu’en 2026 qu’une occasion à ne pas manquer s’est présentée.
Le 21 mai de cette année, dans une vente Ader de manuscrits qui comportait plusieurs lots intéressant Chantilly, il y avait aussi un bel ensemble de lettres de Lyautey à ses parents, datant de l’époque où, jeune capitaine, il étalait sans retenue sa passion royaliste. Sur 46 pages, il s’épanche sur son idole, le comte de Chambord, dont il a eu le privilège d’être l’invité en mars 1883, et sur un séjour romain qui a suivi où il fréquente les grandes familles.
Reçu en audience privée avant le dîner dans la villa Boeckmann de Göritz, résidence du comte de Chambord, Lyautey écrit : Je n’ai jamais rencontré d’homme plus intelligent, plus large d’idées, plus dans le mouvement comprenant mieux les choses. Il m’a fait asseoir de suite, m’a parlé beaucoup de l’armée, de mes amis…
(à suivre)