Chantiers de Versailles

Fondation La Marck

La fondation participe à trois chantiers emblématiques de Versailles : dans les petits cabinets de la reine, dans l’appartement intérieur du roi, au Hameau de la reine

 

Dans l’appartement intérieur du roi

 

Dans l’appartement intérieur du roi, il s’agit du cabinet des Porcelaines. Partant de la constatation que les porcelaines du roi étaient très peu exposées alors même que de nombreuses acquisitions avaient été réalisées ces dernières décennies, la fondation a défendu un projet d’exposition dans l’ancienne salle des Buffets, dite aussi salle du Billard, qui était vide depuis longtemps. Ce projet émanait de Marie-Laure de Rochebrune, conservateur en chef chargée des porcelaines, et l’appui financier de la fondation a convaincu les dirigeants du musée de le réaliser.

 

La pièce en question, qui fait 52 m2, est idéalement située : on peut y accéder par le salon de Vénus des grands appartements ou l’escalier Louis-Philippe, et, dans l’appartement intérieur du roi, elle jouxte le salon des Jeux et la salle à manger des Retours de chasse. Elle est en lien avec les deux puisque sous Louis XVI elle a abrité un autre type de jeu, le billard, et que dans ses buffets on rangeait une partie de la vaisselle précieuse utilisée dans la salle à manger voisine. C’est dans cette salle à manger et dans la salle du Billard qu’avaient lieu chaque année les ventes privées de porcelaine de Sèvres organisées par le roi pour promouvoir les productions de la manufacture. On s’est efforcé de conserver les éléments du décor subsistants dans la salle du Billard, lambris et cheminée de marbre, et on y a remis la marque de billard en porcelaine de Sèvres conçue pour la pièce, encastrée dans un des montants extérieurs des vitrines. On note au passage que le salon des Jeux accueille déjà deux vestales en biscuit de Sèvres première grandeur offertes par la fondation.

 

     

                           Photos © EPV / D. Saulnier 

 

La scénographie a été confiée à Jérôme Dumoux. Il a conçu deux blocs de vitrines sur le côté sud de la pièce, de part et d’autre de la porte menant à la salle à manger. Le côté nord, celui de la cheminée, est pour l’instant laissé libre. Le dessin des vitrines est très classique et s’inspire de celui des lambris en place. Elles atteignent 3,39 m de haut sur 5,16 m pour la salle. Le dispositif comprend des placards bas en légère saillie et des vitrines sécurisées accueillant jusqu’à quatre étagères. L’intérieur est entièrement gainé de soie sur molleton. La signalétique comprend de discrets cubes également gainés de soie qui renvoient à des cartels disposés sur la doucine du bas des vitrines. L’éclairage utilise les techniques les plus récentes en matière de LED et de fibre optique. Une partie des moulures est dorée à la feuille d’or pour donner une touche de raffinement et fournir une légère harmonisation avec les pièces voisines. Le directeur du musée, Laurent Salomé, s’est personnellement impliqué dans les nombreux arbitrages qui ont précédé l’adoption du plan définitif.

 

Comme on est dans l’appartement intérieur du roi, les vitrines accueillent ses services de table, à l’exclusion de ceux de la reine, que l’on peut voir au second étage de ses petits cabinets ou au Petit Trianon. Parmi les nombreux services du roi, sont présentés ici celui aux armes de France (de la compagnie des Indes), le service bleu céleste (de Vincennes), le service enfants et mosaïque bleue, le service à fond vert, le service à fond lapis caillouté, le service mythologique de Louis XVI (dit aussi beau bleu), le service guirlandes de barbeaux (dit aussi du Gobelet du roi). C’est ce dernier qui est le plus représenté dans les collections de Versailles avec une quarantaine de pièces. Il était utilisé par les officiers du roi dans la salle même du Billard, pour l’occasion recouvert d’un plateau. L’un des plus prestigieux, le bleu céleste, est représenté pour l’instant par treize pièces, dont une terrine d’une grande beauté ; l’autre, le service mythologique, qui est resté inachevé à la Révolution, est pour l’essentiel dans les collections royales anglaises. Versailles n’en détient que quatre pièces.

 

     

                                                   Photos © EPV /  D. Saulnier

 

 

                                 © EPV / C. Fouin

 

 

 

 

 

                                 © EPV / C. Fouin

             

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